29/10/2005

Le pays des beaux chevaux

 

 

cyrus1

 

Cyrus le grand

 

 

-600 à –333 : La conquête des Perses Achéménides

 

En 612 av JC, les Mèdes, alliés de Babylone, provoquèrent la chute de Ninive. Entraînant la fin de l’hégémonie des Assyriens. Les Perses avaient aidé les Mèdes à établir leur puissance, mais vers 550 av JC, Cyrus le Grand, fondateur de la dynastie Achéménide, pris la pouvoir des mains d’Astyage. En peu de temps il étendit ses conquêtes au nord et à l’ouest, et pénétra en Asie mineure. Il envahit la Lydie, prit Sardes et fit prisonnier le roi Crésus. Il progressa jusqu’aux détroits, assujettissent une à une les cités Grecques d’Ionie, d’Eolie et de Doride. L’Asie mineure fut divisée en provinces appelées « satrapie » gouvernées par un « satrape ». Pour empêcher la concentration des pouvoirs dans les mains d’un seul homme, le roi Perse envoyait ses représentants officiels qui portaient le titre d’œil du roi, afin de surveiller les satrapes. Ses gouverneurs influencent les traditions locales, religieuses et artistiques enracinant toute la Cappadoce, comme ailleurs la Commagère ou l’Arménie, dans la tradition Iranienne. On ignore tout de ses lieu de résidence de ces satrapes mais il est probable qu’ils menaient une vie errante en se livrant à l’exercice de la chasse dans leur domaine immense. La région produisait principalement du gibier et du bétail et notamment des onagres, ânes sauvages, qui donne par leur croisement avec les chevaux, des mulets dont la renommée s’étend dans tout l’Orient jusqu’à Babylone. Ces gouverneurs devaient payer un lourd tribut au roi de Perse, ce tribut ne comptait qu’une faible somme en argent, par contre elle comptait plus de 1500 chevaux, 2000 mulets et 50000 moutons. Ces derniers eux-même levaient des impôts et recrutaient des mercenaires pour l ‘armée Perse.

 

cyrus_cylinder

 

Le fameux cylindre de Cyrus le Grand en cunéiforme Babylonien qui relate de la prise de Babylone en -539

"Déclaration du roi"extraits:

Je suis Cyrus , roi du monde, formidable roi, roi de Babylone,

roi du pays de Sumer et d'Akkad, roi des quattres satrapes,

fils de Cambyses, roi du Anshan, petit fils de Cyrus,

descendant de Teispes,...

progéniture d'une lignée royale sans fin.

Quand j'entrai à Babylone, j'établis le siège du gouvernement dans la palais royale

dans la réjouissance et la jubilation.

Marduk le grand Dieu conquit le coeur des habitants pour qu'ils viennent à moi.

J'ai envoyé mes nombreuses troupes à la conquête de Babylone.

Je n'ai autorisé aucun d'entre eux à térroriser

le pays de Sumer er le pays d'Akkad

J'ai tenu compte des besoins de Babylone et de tout ses sanctuaires

afin de garantir leurs bien être aux citoyens de Babylone...

j'ai mis fin à leur misère et à la misères des cités de,

Ashur et Susa, Agade, Eshnuna,

la citée de Zamban et Meurnu...

 

cyrus

 

 

La rapidité de cette expansion s’explique par les qualités militaires des soldats, mais aussi par une grande tolérance envers les peuples soumis. Effectivement, les Persans ne s’imposèrent pas, au contraire, il empruntèrent à l’art et à la pensée grec, comme ils le firent avec d’autres cultures avancées au contact desquelles ils enrichirent leur civilisation. Les conquêtes se sont rarement accompagnées d’exactions ou de pillages, ce qui était d’habitude chez les Assyriens. Cyrus était accueilli le plus souvent en libérateur, et il fut le plus magnanime des conquérants Perses. A Babylone, ainsi que dans tout Sumer et Akkad, il honore les dieux locaux et protège les lieux de culte ; c’est le cas à Our où il fait réparer l’enceinte du temple Sin, les temples de Nanna-Sin et de Nongal, ainsi qu’à Ourouk, où il entreprend la restauration de l’Ednna. Il fit même reconstruire le temple de Jérusalem et rapatria, sur les bords de l’Euphrate, les anciennes populations déportées par Nabuchodonosor. Cyrus meurt lors d’une campagne contre les Massagètes (peuple nomade vivant à l’est de la mer Caspienne).

 

Map_of_Iran_under_Achaemenid_Dynasty

 

Son fils Cambyse (-530 –522) lui succède et poursuit son œuvre ; il conquiert l’Egypte (-525), obtint le tribut de la Libye, de la Nubie, et étend sa souveraineté sur la Cyrénaïque. Désormais l’Empire Achéménide a atteint les limites occidentales qui s’étend vers l’Orient jusqu’à l’Indus et au bassin du Tarim et qu’il gardera durant deux siècles. Cependant, Cyrus et Cambyse trop occupés à la conquête négligèrent l’organisation administrative de l’Empire Darius I (-522-486), leur succéda après avoir fait assassiner son prédécesseur. Gaumata quant à lui fut accusé d’être un mage qui se fit passer pour Bardiya, fils de Cyrus. Ce dernier comblera la lacune d’organisation administrative de l’empire. Le nouvel empereur réorganise l’empire en vingt satrapies payant tribut, et l’élaboration d’un code de lois souple lui permet d’établir un contrôle unifié sur tout le territoire. Il frappe la première monnaie stable perse et uniformise les poids et les mesures. Darius I entreprend également une série de grands travaux, dont le creusement d’un canal reliant le Nil à la mer Rouge, améliore les voies de communication, et fonde Persépolis, la cités dont l’architecture rassemble les styles de tout l’empire.

 

darius a

 

Même après la conquête d’Alexandre le Grand, des générations d’Iraniens ont vécu dans ces contrées comme en témoignent plusieurs indices, notamment des récits grecs, des inscriptions tombales, et des pièces de monnaie. Même des non Iraniens d’Asie mineure portaient des noms perses(notamment Mithradate « qui d’ailleurs chez les Illyriens veut dire bonjour, et d’autres dérivés de Mithra). En effet au IV è siècle de notre ère beaucoup de villages en Cappadoce étaient peuplés d’Iraniens descendants des premiers colons. Parmi eux, beaucoup d’anciens soldats auxquels la terre était donnée avec obligation de rejoindre l’armée en cas d’appel. L’historien Bardesanes, qui vivait au II è III è siècle, atteste qu’à son époque il y avait encore beaucoup d’Iraniens vivant en Egypte, en Phrygie et en Galatie et qui conservaient encore leurs traditions. Nous avons également beaucoup d’informations sur des sanctuaires zoroastriens d’Asie mineure, le plus ancien ayant été construit par Cyrus le grand lui-même ou par ses généraux en Cappadoce au VI è siècle av JC. Dans les colonies, cette fonction religieuse était avant tout remplie par les mages, qui avaient une position importante dans la société, mais n’appartenaient pas à la plus haute classe. Les mages n’étaient pas des disciples orthodoxes de Zarathushtra et avaient conservé beaucoup d’éléments de leurs croyances anciennes, notamment du culte de Mithra. Ces derniers avaient même réussi à prendre le pouvoir par un coup d’état après la mort de Cyrus, mais avaient été démis par Darius I. Même après la chute de l’empire Perse et de l ‘élite dirigeante, les mages ont occupés le devant de la scène, et surtout en Asie mineure. Mais à partir du III è siècle de notre ère, les temples ont été supprimés par le décret chrétien. Ceci dit, même au VI è siècle de notre ère, l’empereur Perse Khosrow / Anushirvan à négocié avec l’empereur Byzantin la reconstruction des temples du feu en Cappadoce, ce qui suggère que, même à cette époque, il y avait des adeptes du culte perse. Le nom de « bonnet Phrygien » est dû aux Grecs qui l’appelaient aussi « bonnet oriental ». Ce bonnet n’était pas propre aux Phrygiens. Il coiffait un grand nombre de tributs Iraniennes, aussi bien celles de la Cappadoce à l’ouest que les Scythes (Sakas) de l’Asie centrale. Les représentations de ce bonnet et de ses variantes sur les bas-reliefs de Persépolis en témoignent. Selon des récits Chinois, un marchand Zoroastrien originaire de Samarcande, qui voyageait en Chine au VIII è siècle de notre ère, portait l’habit typique des Sogdes, dont un bonnet Phrygien. La chute de Darius entraîne celle de tous les princes qui sont ses tributaires. Mais la conquête de l’Asie par Alexendre se fait peu sentir en Cappadoce qui se trouve loin du théâtre de la guerre. C’est à cette époque qu’apparaît pour la première fois dans l’histoire un royaume de Cappadoce. Il est à noter que l’origine du nom du pays nous est inconnue. Certains historiens de l’Antiquité comme Pline le font dériver du fleuve Cappadox, qui aurait été l’un des affluents de l’Halys. D’autres, beaucoup plus nombreux, pensent qu’il est emprunté à la langue perse ou même à une tradition plus ancienne « Katpatuka qui signifiait pays des chevaux de race ». Archélaus est le dernier roi de Cappadoce. Habile politique, il sait lors des guerres du Triumvirat, se concilier l’amitié tant de Marc Antoine que d’Auguste, mais les honneurs qu’il rend à Caelius César, nommé gouverneur d’Orient par Tibère, excitent la jalousie de l’empereur qui l’assigne à Rome pour y répondre d’accusations imaginaires. Celui-ci accablé de vieillesse et d’infirmité et ne pouvant supporter le traitement ignominieux qui lui est infligé, il meurt en 17 de l’ère chrétienne.

 

zarathustra

 

14:28 Écrit par uchisarpension | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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